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7a la Une - Les actualités Page : 1 2 3 4

Ordination Monseigneur Marie Fabien

Mgr Marie Fabien, bien connu à La Réunion pour y avoir été un des membres fondateurs de la communauté des Pères Carmes à Saint Louis, a été ordonné évêque de Morondava le 16 mai dernier... Après la célébration, au cours du traditionnel Kabar ( ensemble d'allocution des officiels lors d'une fête malgache) Mgr Gilbert Aubry lui a adressé ses voeux, pour lui, son diocèse et son pays.
retrouvez le texte, et l'entretien avec Mgr AUBRY dès son retour.

Cher Monseigneur Marie Fabien,


A la fin de cette grandiose célébration où nous avons senti vibrer l’âme du diocèse de Morondava en communion avec les autres diocèses de Madagascar, je voudrais d’abord rendre grâce pour l’œuvre de tous les missionnaires et plus particulièrement de Mgr Donald Pelletier, des pères carmes, cette famille spirituelle à laquelle tu appartiens.

Je voudrais aussi rendre grâce avec toi pour ton parcours de vie. Je suis sûr qu’en ce moment, la mémoire de ton cœur va vers tes chers parents et ta famille. Tu revois ton enfance et ton adolescence avec tous ces appels de la vie qui sont autant de questions pour répondre à l’appel de Dieu Maître de la vie.

Et puis, souviens-toi, Fabien, de cette année 1985, au mois de janvier. Souviens-toi de ce jour où tu as appris le décès du père carme Sergio Sorgon horriblement martyrisé. Le choc a été tel sur ton âme de grand jeune homme que l’Esprit Saint en toi a façonné ta parole et tu as spontanément déclaré « je prendrai sa place ! »

Avec le recul du temps, tu sais alors que Dieu avait posé sa main sur toi. Au paradis, saint Fabien, Jean de la Croix, Thérèse d’Avila, Thérèse de Lisieux, Sergio lui-même t’avaient été donnés comme compagnons de route, pour une décision que tu prenais dans un élan du cœur. Mais c’est depuis ton baptême, depuis le sein de ta mère, que tu avais été appelé à répondre amour pour amour à l’affection de Dieu pour toi. Alors, tu t’es mis en route et l’amour de Dieu, dans l’élan de ta vie, t’a permis de donner ta vie pour Dieu, pour tes frères et sœurs de Madagascar, pour la mission universelle de l’Eglise.

Je me souviens du lendemain de ta nomination épiscopale. C’était le 27 février. Tu es venu me voir et tu m’as dit : « comment est-ce que je vais faire pour être évêque ? » Je t’ai répondu « Tu apprendras et tu réussiras ». C’est ainsi que font tous les évêques. Ensuite, nous avons discuté de ta devise et tu as retenu qu’il te fallait marcher encore et encore à la lumière de la Parole de Dieu. Comme Abraham, avec un certain pincement au cœur, mais en totale confiance. Ta route se fait plus rude vers un pays que tu apprendras à connaître, ce pays du Menabe qui t’a déjà accueilli et qui t’aspire vers une plus grande lumière. Comme Abraham, mais surtout comme Marie, la maman de Jésus, tu reprends les choses dans ton cœur et tu choisis comme devise « secundum verbum tuum » - « qu’il me soit fait selon ta Parole » - « araka my teninao » !

Je suis sûr que Marie te prend sous son manteau, toi, tout le territoire de ton diocèse avec ses habitants de la côte et de l’intérieur. Et tu as déjà présenté au Seigneur les joies et les peines de toutes les familles, avec tout le travail des hommes symbolisé dans ton blason par le poisson tilapia et le riz ramassé comme une gerbe de blé. Toutes les activités du diocèse de Morondava deviennent eucharistie pour la transfiguration de la vie humaine : « Ceci est mon corps… ceci est mon sang » dit le Christ aujourd’hui.
« Comment est-ce que je vais faire pour être évêque ? » Tu t’es déjà mis en route. La foi sera ta boussole, Marie ton étoile, l’espérance ta respiration profonde et l’amour la force apostolique de tes pas. Et puis, tu n’es pas seul. Dans ton blason, la croix du Carmel dit que tu peux compter sur l’amitié et la prière de tous les carmels du monde. Bien plus, la présence aujourd’hui de tes frères évêques de Madagascar t’assure du déploiement d’un sacrement de fraternité qui te sera précieux tout au long de ton ministère épiscopal.

Personne ne peut être évêque tout seul et je salue ici le collège de mes frères évêques de la « Grande Ile » de l’Océan Indien qui est si chère à nos petites îles du même océan. Notre île de Madagascar nous semble un grand bateau sur la mer. Ce bateau est immense et regroupe des catégories de passagers qui ont pour noms : provinces de Toliary, Fianarantsoa, Antananarivo, Toamasina, Mahajanga, Antsiranana. Vous, de l’Eglise catholique, vous êtes de toutes les catégories de passagers mais vous avez une âme sans frontières qui unit tous les passagers et tous les membres de l’équipage appelés à être solidaires pour aboutir à une même destination. En relation avec des voyageurs qui ont diverses sensibilités ethnoculturelles, religieuses et politiques, vous êtes conscients que tous, vous êtes embarqués sur le même bateau qui ne peut pas arriver à bon port si vous ne vous entendez pas. Parfois, l’océan peut être déchaîné et certains passagers pourraient avoir le mal de mer. Mais ce serait une folie que de se jeter à l’eau dans un océan peuplé de requins. Avec vos évêques, passagers et acteurs de la même aventure humaine, vous êtes à l’écoute de l’Esprit qui anime tous les hommes de bonne volonté. L’Esprit veut gonfler les voiles de cet immense voilier qu’est Madagascar. Aujourd’hui, dans un même souffle, de l’Ouest à l’Est, du Sud au Nord, sous le soleil et sous les étoiles de la Croix-du-Sud, nous prions pour que l’immense bateau puisse aborder enfin aux rivages d’un pays espéré à l’horizon de tous les cœurs réconciliés. Vous arrivez aux rivages d’un pays de multiples réconciliations.

Ce sera alors un pays de réconciliations.
Ce sera un pays de paix profonde tant attendue des rivages de la mer jusqu’aux montagnes des hauts plateaux.
Ce sera un pays de paix reposant sur l’amour, la vérité, la justice et la liberté.

Ce sera un pays de paix, d’amour, de vérité, de justice et de liberté pour chacun et pour tous avec un commandant de bord qui saura conduire le bateau à ce pays d’un rêve qui deviendra réalité.

Mon cher Fabien, Monseigneur Marie Fabien, mes frères évêques à Madagascar, vous catholiques de Madagascar, j’ai cet honneur de vous adresser le soutien et les encouragements des évêques et des fidèles de l’Eglise catholique de l’île Maurice – avec Monseigneur Piat présent parmi nous – de l’île Rodrigues, des Seychelles, de La Réunion, de l’Archipel géographique des Comores. Avec vous, nous sommes en route vers la même destination. Ne disons pas que c’est impossible, car rien n’est impossible à Dieu. Prions et agissons dans la vérité de l’Amour ! « Caritas in Veritate », en communion avec Benoît XVI représenté en Océan Indien par le nouveau Nonce à Antananarivo, Son Excellence Monseigneur Martin Nugent. Merci d’être parmi nous Excellence et bonne mission à vous aussi. Vous tous, que Dieu vous bénisse par l’intercession de Victoire Rasoamanarivo, du père Berthieu, du père Beyzym, du frère Rafiringa, du frère Scubilion de La Réunion, du père Laval de l’île Maurice. Et toi, mon cher Marie Fabien, réalise ta vocation à la sainteté en étant évêque ! Oui, que Dieu vous bénisse tous ! « ni tsodráno anaréo ny tompo » !


Le 16 mai 2010
Monseigneur Gilbert AUBRY

Pentecôte

a l'ocasion de la pentecôte ,une petite prière en créole Prièr La Pantkot

Vien !
Vien ou LespriSin !
La port nout kèr lé gran-rouver,
Aminn la limièr lo syel

Vien !
Vien ou, aou minm Papa zanfan-lé-misèr,
Ariv aou ansanm bon-zafèr dan la min,
Ariv aou, aou-minm la limièr i éklèr lo kèr

Aou-minm lo pli gran rékonfor,
Aou-minm zabitan nout lâm,
Ou lé konm in lo fré pou aranz la boush,

Kan la vi lé dir, aou-minm lo repo,
Ler la fièv lé for, aou-minm la briz i rafréshi,
Ler nout lâme lé an plèr, aou-minm i apèz lo kèr

Vien!
vien ou,
aport la limièr pou nout lespri,
Ranpli rabor krë nout lâme,
nou la anmar nout ker ansanm ou.

Si la pa out Fors-Lamour-Bondié
Na poin in honm
I pé viv kèr klèr tout son vi,

Lav-prop tout sak lé sal,
Binÿe sak lé krouté
Guéri sak lé atèr,

Atandri sak lé tro-dir,
Réshof sak lé fini-fré,
Ardrès sak lé fosé,

Pou tout sak i krwa Lamour Bondié,
Sak i mèt tout dann out min,
donn out Sèt-don-sakré

Donn la fors avans droit,
Fé lèv pou lo gran zour ou apèl domin,
fé lèv out soley la vi
é Donn la zoi i fini pa,

Amen


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« C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité… » (Lc 24,34).

Message de Pâques 2010 ,Monseigneur Gilbert AUBRY CONSTRUIRE L’AMOUR DANS LA VERITE !


« C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité… » (Lc 24,34).


Cette certitude de Pâques est la nôtre aujourd’hui. Nous sommes les nouveaux pèlerins d’Emmaüs. Jésus ressuscité chemine avec nous, il nous rejoint là où nous sommes. Mais il nous faut du temps pour que nos yeux aveuglés s’ouvrent à la Lumière. Il nous arrive d’emprisonner Jésus ressuscité dans nos rêves, dans nos désillusions, sans chercher à approfondir son mystère, à l’aimer pour lui-même et à nous laisser aimer par Lui. Au creux de notre vie, la Parole de Dieu nous réveille alors sur les routes de notre exode terrestre :
« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité »
(Lc 24, 5-6).

Le tombeau est vide. Le constat est formel. Les femmes qui, les premières, découvrent cette réalité, sont affolées. Une présence divine éblouissante les ramène à l’enseignement du Christ : « Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée… Il faut que le Fils de l’Homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que le troisième jour, il ressuscite » (Lc 24, 6 à 7). Pierre et Jean sont bouleversés à leur tour. Le linceul est bien roulé. Le linge qui entourait la tête du mort est encore en sa forme première. Jésus apparaît aux apôtres rassemblés. Il leur donne sa paix et leur demande à manger. Ce n’est pas un esprit. C’est vraiment Lui « C’est bien vrai ! Le Seigneur est ressuscité… ».

Ce n’est pas une image de Jésus qui se présente aux apôtres. C’est Jésus lui-même en personne avec son corps de ressuscité. Mais qui est-il ce Jésus qui se dévoile peu à peu en révélant Dieu comme Père de tous les êtres humains, de toutes cultures, langues, peuples et nations ? « Il est l’image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature… » (Col 1, 15 à 20) nous dit saint Paul. Il est le « Verbe (qui) s’est fait chair » (Jn 1, 14) nous dit saint Jean. Avec Lui qui est « le Fils de l’Homme » (cf. Mt 24,27), tous les êtres humains peuvent devenir enfants de Dieu, par le don de l’Esprit, dans la grâce du baptême « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Mt 28,19). C’est Jésus ressuscité qui nous le dit lui-même, avant de remonter vers son Père et Notre Père. Précédemment, il insiste sur le choix que nous avons à faire de Lui dans le service de nos frères et notamment des plus petits, des souffrants et des exclus. Au jugement dernier, nous aurons à rendre compte des talents que Dieu nous confie (cf. Mt 25 et 26).

Il n’y a pas de résurrection sans passion, sans croix à porter parce que la vie de tout être humain, de tout chrétien surtout, est un combat spirituel permanent. Celui qui veut suivre le Seigneur Jésus-Christ doit affronter les tentations comme il l’a fait au désert. Nous avons à mettre nos pas dans ses pas, à prendre sur nous son joug. Il nous faut mourir au péché et au Mal jour après jour, dans la lumière de la résurrection. Nous ne sommes pas masochistes… mais la souffrance fait partie de notre vie. Les drames de l’existence peuvent nous broyer les uns et les autres, moralement, physiquement.

Pensons aux malades et aux personnes âgées sur un lit de douleur. Pensons aux enfants et aux familles qui souffrent terriblement des dégâts de la pédophilie. Pensons aussi à nos deux frères prêtres en prison. Pensons aux violences, aux brutalités, aux peurs, aux viols, aux meurtres, aux crimes qui secouent notre société réunionnaise. Pensons à ceux qui n’ont pas les moyens de vivre. Pensons à nos nombreux jeunes diplômés sans emploi, à ceux qui veulent travailler et qui sont au chômage. Pensons aussi à ceux qui, dans les domaines économique et politique, se demandent comment faire pour faire vivre.

Souffrance ! Et nous vient dans le cœur cette prière du Christ à Dieu « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46). Le Père ne l’a pas abandonné. Il l’a ressuscité au-delà de tout espoir humain parce que, entre Lui Dieu et cet homme Jésus, il y a toujours eu une relation réciproque d’amour, de toute éternité, pour toute éternité. Dans l’Esprit-Saint, par amour pour Dieu son Père, portant toute l’Humanité en Lui, le Christ donne totalement sa vie jusqu’au bout de l’amour. Vraiment Dieu et vraiment homme en même temps, Jésus ressuscité rayonne de lumière miséricordieuse. Maintenant, il nous sauve par grâce et sera « notre mot de passe » à notre heure dernière.

Et nous ? Est-ce Dieu qui nous abandonne ou bien n’est-ce pas nous qui abandonnons Dieu ? Sur quoi, sur qui, pour quoi, pour qui construisons-nous notre vie ? Comment réussir notre vie maintenant et pour l’éternité ? Quelle est notre relation d’amour avec Dieu dans le silence de la prière ? Quelle est notre relation d’amour avec ceux qui sont dans notre vie quotidienne ? Il ne s’agit pas de magie ni de fusion sentimentale, mais de confiance réciproque et simultanée entre Dieu et nous, entre nous et les personnes qui avancent avec nous sur le même chemin de la vie. Cela n’est possible, pour nous chrétiens, qu’en vivant dans l’Esprit-Saint qui veut faire toute chose nouvelle.

Nous avons nos talents à faire fructifier, nos compétences à partager, nos responsabilités à assumer, la solidarité à développer pour mieux vivre ensemble. Quel chantier pour nous-mêmes en Eglise ! Quel chantier pour l’Eglise à La Réunion et en Océan Indien ! A l’occasion de Pâques, arrêtons nous un instant et demandons la Lumière de Dieu : « Dieu est Lumière, en Lui point de ténèbres » (1 Jn 5). L’amour vient de l’Amour, il vient de Dieu « car Dieu est Amour » (1 Jn 8). Et cet amour avec le Christ ne peut pas être mensonge car il nous dit encore aujourd’hui « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6) de chaque vie humaine, au cœur de chaque personne, au cœur de la société. Puisque le Christ est « l’image du Dieu Invisible » (Col. 1, 15) et que Dieu Notre Père nous prédestine à « reproduire l’image de son Fils » (Rm 8, 29), « … les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous » (Rm 8, 18).

Nous chrétiens, puissions-nous être des signes authentiques de Jésus-Christ, crucifié et ressuscité ! Puissions-nous vivre, toujours et partout, par Lui, avec Lui et en Lui ! Nous avons à construire « l’amour dans la vérité » (cf. encyclique de Benoît XVI). La collaboration de la grande famille humaine (cf chap. V) avec Dieu est nécessaire aujourd’hui pour un véritable développement humain. Cela intéresse au plus haut point les relations interpersonnelles, familiales, sociales, culturelles, économiques, politiques. C’est la mission des chrétiens comme une contribution à l’évolution humaine de notre société et du monde, pour la gloire de Dieu et le bonheur des hommes. Ne disons pas que c’est impossible. Prenons les moyens de vivre en chrétiens, de faire communauté et de nous ouvrir aux autres avec le Christ ressuscité qui chemine avec chacun de nous, avec nous tous :
« Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11,25).
« A ceci nous avons connu l’Amour : celui-là a donné sa vie pour nous.
Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères »
(1 Jn 16).

*

La résurrection du Christ n’est pas seulement un fait passé inscrit dans l’Histoire. Elle est à l’œuvre aujourd’hui pour nous arracher à nos enfers, à nos tombeaux pour nous faire vivre en ressuscités. Jésus-Christ est notre résurrection et la vie du monde à venir.

Saintes et lumineuses Pâques d’Espérance !

Pâques 2010
Monseigneur Gilbert AUBRY


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